Compan’IA franchit ses premiers caps décisifs
Quelques mois après sa structuration, le projet d’intégrateur souverain européen d’assistants compagnons à forme humaine pour l’accompagnement des personnes âgées entre dans une phase d’accélération. Partenariat académique acté avec le Broca Living Lab, sélection technologique finalisée sur le 4NE-1 Mini Pro de NEURA Robotics, premiers engagements de particuliers, dossiers de financement en instruction, dialogue institutionnel à construire dans la durée : le calendrier des prochaines semaines sera structurant.
Lorsque j’ai déposé le projet à l’INPI sous le numéro e-Soleau DSO2026005753, l’ambition était claire : positionner Compan’IA comme un tiers de confiance entre les technologies humanoïdes émergentes et les publics les plus fragiles, en garantissant un cadre européen sans concession sur la souveraineté des données, le respect de l’AI Act et la conformité RGPD. Quelques mois plus tard, la trajectoire se confirme là où nous l’attendions le plus : sur le terrain scientifique, technologique et professionnel. Sur le terrain institutionnel, le chemin sera plus long. C’est cet état des lieux, contrasté mais lucide, que je veux partager ici.Un ancrage scientifique et hospitalier de premier rang
Le partenariat avec le Broca Living Lab, structure conjointe de l’AP-HP et de l’Université Paris Cité, est aujourd’hui le pivot académique du projet. Ce laboratoire vivant est l’un des rares lieux en Europe à conjuguer expertise gériatrique de pointe, méthodologie d’évaluation ergonomique éprouvée et population de référence pour les protocoles d’acceptabilité. L’équipe de recherche, animée par Lauriane Blavette (ingénieure de recherche, doctorante en ergonomie) et Maribel Pino, s’appuie sur une production scientifique solide. La publication de référence parue dans JMIR Human Factors (Blavette et al., 2025, e76496) constitue le socle méthodologique sur lequel sera bâti le protocole d’évaluation du POC Compan’IA. À cet ancrage clinique s’ajoute le cadre stratégique du BMD² (Business Model Digital Dynamique) conçu par le Dr Patrick Varenne. Ce modèle structure la lecture économique du projet en intégrant les dimensions de transformation digitale, de cocréation de valeur et d’acceptabilité par les écosystèmes de soin. Compan’IA en est l’une des premières applications opérationnelles dans le champ de la silver économie.Le partenaire technologique : un choix souverain et exigeant
Le travail de sélection technologique a été l’un des chantiers les plus longs du projet. Compan’IA s’est imposé une discipline stricte : ne retenir que des fabricants implantés en Europe ou dans l’EEE, capables de garantir un hébergement des données sur le sol européen et une conformité native à l’AI Act, au RGPD et à la réglementation produits. Plusieurs candidats prometteurs ont été écartés pour des raisons de souveraineté ou de sécurité documentée. Le choix s’est porté sur le 4NE-1 Mini Pro de la société allemande NEURA Robotics : 132 cm, 36 kg, intelligence artificielle embarquée en local (edge AI), mains dextres, conception européenne. Une plateforme matérielle qui répond à la fois aux exigences de proximité dimensionnelle avec la personne âgée, d’autonomie technique et d’auditabilité. En complément, la couche conversationnelle (NLU) sera développée en partenariat avec AZY Solutions, dont le dirigeant Franck Sebbah a manifesté son intérêt pour une entrée au capital en Phase 2. Cette brique logicielle, pensée pour le grand âge, sera l’un des marqueurs différenciateurs du dispositif.Conformité réglementaire : un cadre rigoureux
Compan’IA inscrit son développement dans la conformité à l’AI Act et au RGPD. L’analyse d’applicabilité du Règlement européen sur les dispositifs médicaux (MDR) est en cours, et la conformité au Règlement Machines (UE) 2023/1230 sera validée à réception du démonstrateur. Une AIPD (Analyse d’Impact relative à la Protection des Données) v1.0 a été établie le 29 mars 2026.Le dialogue institutionnel : une patience à exercer
Soyons directs : c’est la zone du projet où la marche est la plus haute. Plusieurs sollicitations ont été adressées aux institutions publiques de référence sur le champ sanitaire et médico-social : ARS PACA, Département des Bouches-du-Rhône, CARSAT Sud-Est, Métropole Aix-Marseille-Provence. À ce jour, les retours se font attendre. C’est une réalité du terrain qu’il faut nommer pour mieux la travailler, et qui ne change rien à la détermination engagée sur ce projet. En parallèle, des contacts ont été établis avec les acteurs professionnels du soin et du grand âge :-
- les fédérations d’EHPAD, sollicitées pour faire connaître la démarche et identifier des établissements pilotes,
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- les URPS Médecins libéraux et URPS Infirmiers de la Région SUD, dont les retours sont attendus,
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- les groupes Colisée (implantation forte en PACA, statut d’entreprise à mission) et Clariane (Innovation Hub dédié startups), dans la perspective d’identifier un EHPAD partenaire de la phase pilote dans un rayon de 20 kilomètres autour de Miramas.
L’enquête terrain : ce que les seniors nous disent
La vague consolidée de l’enquête de proximité menée à Miramas (n = 10) livre trois enseignements clairs. Le prix arrive en frein numéro un (50 % des répondants), devant la peur de remplacer le contact humain (40 %). Les tâches du quotidien et le maintien du lien familial sont attendus à parts égales (6 sur 10 dans chaque catégorie), ce qui dessine deux promesses de marque complémentaires. Enfin, la perception positive du dispositif progresse fortement entre les deux batches, atteignant 60 % à n = 10 : un signal d’adoption qui se confirme au fil des entretiens.Le biais méthodologique est documenté et assumé : 100 % des répondants vivaient en couple, alors que la cible prioritaire de Compan’IA est précisément la personne âgée isolée. Une deuxième vague est en préparation, en lien avec le CCAS de Miramas, des résidences autonomie et des cabinets médicaux du secteur, pour atteindre n ≥ 25 avec un échantillon mixte avant l’automne.
