Compan'IA, l'IA au service de l'humain. Assistant compagnon à forme humaine en environnement domestique.
État des lieux du projet Mai 2026 Phase 1 · POC

Compan’IA franchit ses premiers caps décisifs

Quelques mois après sa structuration, le projet d’intégrateur souverain européen d’assistants compagnons à forme humaine pour l’accompagnement des personnes âgées entre dans une phase d’accélération. Partenariat académique acté avec le Broca Living Lab, sélection technologique finalisée sur le 4NE-1 Mini Pro de NEURA Robotics, premiers engagements de particuliers, dossiers de financement en instruction, dialogue institutionnel à construire dans la durée : le calendrier des prochaines semaines sera structurant.

Lorsque j’ai déposé le projet à l’INPI sous le numéro e-Soleau DSO2026005753, l’ambition était claire : positionner Compan’IA comme un tiers de confiance entre les technologies humanoïdes émergentes et les publics les plus fragiles, en garantissant un cadre européen sans concession sur la souveraineté des données, le respect de l’AI Act et la conformité RGPD. Quelques mois plus tard, la trajectoire se confirme là où nous l’attendions le plus : sur le terrain scientifique, technologique et professionnel. Sur le terrain institutionnel, le chemin sera plus long. C’est cet état des lieux, contrasté mais lucide, que je veux partager ici.
01
Propriété intellectuelle
Dépôt e-Soleau INPI sous le numéro DSO2026005753, première brique de la protection du modèle d’intégration.
02
Ancrage hospitalier
Partenariat officiellement signé avec le Broca Living Lab (AP-HP, Université Paris Cité).
03
Cadre stratégique
Application du modèle BMD² (Business Model Digital Dynamique) du Dr Patrick Varenne pour structurer la lecture économique du projet.
04
Sélection technologique
Choix arrêté sur le 4NE-1 Mini Pro de NEURA Robotics, fabricant allemand, edge AI embarquée.

Un ancrage scientifique et hospitalier de premier rang

Le partenariat avec le Broca Living Lab, structure conjointe de l’AP-HP et de l’Université Paris Cité, est aujourd’hui le pivot académique du projet. Ce laboratoire vivant est l’un des rares lieux en Europe à conjuguer expertise gériatrique de pointe, méthodologie d’évaluation ergonomique éprouvée et population de référence pour les protocoles d’acceptabilité. L’équipe de recherche, animée par Lauriane Blavette (ingénieure de recherche, doctorante en ergonomie) et Maribel Pino, s’appuie sur une production scientifique solide. La publication de référence parue dans JMIR Human Factors (Blavette et al., 2025, e76496) constitue le socle méthodologique sur lequel sera bâti le protocole d’évaluation du POC Compan’IA. À cet ancrage clinique s’ajoute le cadre stratégique du BMD² (Business Model Digital Dynamique) conçu par le Dr Patrick Varenne. Ce modèle structure la lecture économique du projet en intégrant les dimensions de transformation digitale, de cocréation de valeur et d’acceptabilité par les écosystèmes de soin. Compan’IA en est l’une des premières applications opérationnelles dans le champ de la silver économie.
L’enjeu n’est pas de proposer une technologie de plus, mais d’apporter aux EHPAD et aux familles un compagnon de confiance, scientifiquement validé, et qui respecte la souveraineté européenne sur les données les plus sensibles : celles du grand âge. » Christian Barbier, fondateur de Compan’IA

Le partenaire technologique : un choix souverain et exigeant

Le travail de sélection technologique a été l’un des chantiers les plus longs du projet. Compan’IA s’est imposé une discipline stricte : ne retenir que des fabricants implantés en Europe ou dans l’EEE, capables de garantir un hébergement des données sur le sol européen et une conformité native à l’AI Act, au RGPD et à la réglementation produits. Plusieurs candidats prometteurs ont été écartés pour des raisons de souveraineté ou de sécurité documentée. Le choix s’est porté sur le 4NE-1 Mini Pro de la société allemande NEURA Robotics : 132 cm, 36 kg, intelligence artificielle embarquée en local (edge AI), mains dextres, conception européenne. Une plateforme matérielle qui répond à la fois aux exigences de proximité dimensionnelle avec la personne âgée, d’autonomie technique et d’auditabilité. En complément, la couche conversationnelle (NLU) sera développée en partenariat avec AZY Solutions, dont le dirigeant Franck Sebbah a manifesté son intérêt pour une entrée au capital en Phase 2. Cette brique logicielle, pensée pour le grand âge, sera l’un des marqueurs différenciateurs du dispositif.

Conformité réglementaire : un cadre rigoureux

Compan’IA inscrit son développement dans la conformité à l’AI Act et au RGPD. L’analyse d’applicabilité du Règlement européen sur les dispositifs médicaux (MDR) est en cours, et la conformité au Règlement Machines (UE) 2023/1230 sera validée à réception du démonstrateur. Une AIPD (Analyse d’Impact relative à la Protection des Données) v1.0 a été établie le 29 mars 2026.

Le dialogue institutionnel : une patience à exercer

Soyons directs : c’est la zone du projet où la marche est la plus haute. Plusieurs sollicitations ont été adressées aux institutions publiques de référence sur le champ sanitaire et médico-social : ARS PACA, Département des Bouches-du-Rhône, CARSAT Sud-Est, Métropole Aix-Marseille-Provence. À ce jour, les retours se font attendre. C’est une réalité du terrain qu’il faut nommer pour mieux la travailler, et qui ne change rien à la détermination engagée sur ce projet. En parallèle, des contacts ont été établis avec les acteurs professionnels du soin et du grand âge :
    • les fédérations d’EHPAD, sollicitées pour faire connaître la démarche et identifier des établissements pilotes,
    • les URPS Médecins libéraux et URPS Infirmiers de la Région SUD, dont les retours sont attendus,
    • les groupes Colisée (implantation forte en PACA, statut d’entreprise à mission) et Clariane (Innovation Hub dédié startups), dans la perspective d’identifier un EHPAD partenaire de la phase pilote dans un rayon de 20 kilomètres autour de Miramas.
Ces canaux complémentaires sont précieux : en silver économie, l’adoption se construit autant par les corps professionnels du soin que par les guichets institutionnels. Le travail consiste désormais à transformer ces premières sollicitations en rendez-vous de fond et en partenariats opérationnels.

L’enquête terrain : ce que les seniors nous disent

La vague consolidée de l’enquête de proximité menée à Miramas (n = 10) livre trois enseignements clairs. Le prix arrive en frein numéro un (50 % des répondants), devant la peur de remplacer le contact humain (40 %). Les tâches du quotidien et le maintien du lien familial sont attendus à parts égales (6 sur 10 dans chaque catégorie), ce qui dessine deux promesses de marque complémentaires. Enfin, la perception positive du dispositif progresse fortement entre les deux batches, atteignant 60 % à n = 10 : un signal d’adoption qui se confirme au fil des entretiens.

Le biais méthodologique est documenté et assumé : 100 % des répondants vivaient en couple, alors que la cible prioritaire de Compan’IA est précisément la personne âgée isolée. Une deuxième vague est en préparation, en lien avec le CCAS de Miramas, des résidences autonomie et des cabinets médicaux du secteur, pour atteindre n ≥ 25 avec un échantillon mixte avant l’automne.

Le tour de table de Phase 1 : un budget arrêté, des réponses attendues

Soyons précis sur l’état du financement, car c’est là que le projet attend désormais ses réponses. Le besoin total de la Phase 1 a été dimensionné avec sobriété : 76 500 EUR pour couvrir l’acquisition du démonstrateur, la station de développement, la contribution Broca et le besoin en fonds de roulement. C’est le plafond. Aujourd’hui, il n’est pas couvert : aucun des financements sollicités n’a fait l’objet d’une décision définitive à ce jour.
76 500 €
Besoin total Phase 1
22 500 €
Initiative France · Prêt d’honneur · En instruction
54 000 €
Prêt bancaire complémentaire · En instruction
Signal positif au passage : plusieurs particuliers ont d’ores et déjà manifesté leur intention d’investir dans la Phase 1. Ces engagements, encore en cours de formalisation, pourraient apporter un complément utile aux guichets institutionnels et sécuriser une partie du besoin si les arbitrages publics venaient à se prolonger. C’est une marque de confiance qu’il faut nommer, dans un contexte où les retours institutionnels tardent. La stratégie de financement assume sa singularité : pas de venture capital classique en Phase 1, pas de précipitation, un alignement entre la sobriété du projet et la sobriété de son tour de table. Les guichets publics et parapublics (BpiFrance, Initiative France) sont privilégiés pour préserver le capital, démontrer la solidité du modèle et préparer dans de bonnes conditions l’ouverture à des investisseurs en Phase 2.

Cap sur la Phase 2 : industrialisation et levée de capital

À l’horizon 2027, sous réserve d’un POC concluant, Compan’IA passera à la phase de déploiement commercial. Le mix cible reste équilibré entre 80 % d’EHPAD et 20 % de particuliers, structuré autour d’un modèle Robot as a Service (RaaS) sur 48 mois minimum. La grille tarifaire est différenciée. Pour les EHPAD, le tarif indicatif s’établit à partir de 1 890 EUR HT par mois, en fonction du périmètre fonctionnel retenu et du nombre d’unités déployées. Pour les particuliers, l’abonnement est positionné plus bas, à 1 490 EUR HT par mois. L’objectif assumé pour les familles est que le dispositif puisse être financé en tout ou partie par les aides publiques (APA, Conférence des Financeurs, dispositifs ARS et CARSAT). Une discussion avec l’ARS PACA est à venir précisément sur ce point, qui conditionne la solvabilisation du marché grand public. Le tour de table envisagé pour cette Phase 2 s’inscrit dans une fourchette de 1,2 à 1,5 million d’euros, mobilisant un mix d’investisseurs institutionnels et privés (Provence Angels, Angels Santé, Région SUD Innov’up, Caisse des Dépôts, Conférence des Financeurs CNSA, dispositifs CIR/CII, et possiblement crowdequity). Les premiers contacts académiques élargis sont en initiation avec Polytech Marseille et Aix-Marseille Université, pour préparer la couche scientifique régionale du déploiement.
Le pari n’est pas encore gagné, mais il n’a jamais été aussi proche. Chaque brique se met en place : la science, la technologie, les institutions, le financement. Il reste à transformer cet alignement en exécution. » Note de calage · Mai 2026

Et maintenant ?

Les six prochaines semaines seront décisives. Elles concentrent les arbitrages financiers attendus, le calage opérationnel du POC avec l’équipe Broca, et la finalisation du choix de l’EHPAD pilote. Le projet entre dans la phase la plus exigeante de son cycle : celle où la promesse devient livrable. Compan’IA reste fidèle à sa ligne directrice : un positionnement d’intégrateur souverain européen, et non de fabricant. Une expertise de tiers de confiance, qui sélectionne, configure, déploie, forme et accompagne, en plaçant la souveraineté des données et la dignité des personnes accompagnées au cœur de chaque décision technologique. Aux partenaires, financeurs, opérateurs médico-sociaux et familles qui suivent ce projet : merci de votre attention soutenue. La suite s’écrit maintenant.
Christian Barbier Fondateur de Compan’IA · Directeur de BIS-QI christian.barbier@bisqi.fr
Échanger sur le projet

Compan’IA est un projet porté par BIS-QI (Miramas, Bouches-du-Rhône), organisme de formation certifié Qualiopi. Référence INPI e-Soleau : DSO2026005753.